Garo et Khassi

Les peuples indigènes Garos et Khasis du Bangladesh
face à l'expulsion de leurs terres ancestrales
Sanjeeb Drong Bangladesh

Les communautés indigènes  Garos et Khasis vivent au nord et au nord-est du Bangladesh, près de la frontière de l'Inde. La majorité d'entre eux vivent toutefois dans le Meghalaya, en Inde, particulièrement à Tripura, Koch Bihar, Assam et Mizoram.  Au Bangladesh, ils sont environ 120 000.  Ils forment une société matriarcale, et la plupart d'entre eux sont devenus chrétiens au cours des années.

Pendant des siècles, les peuples autochtones du Bangladesh ont dû faire face aux graves conséquences de politiques gouvernementales telles que la saisie des terres, les migrations forcées, et la violation des droits humains, y compris l'application du principe colonial du pouvoir par la division des forces.

Après la fin de la domination britannique en 1947, le gouvernement du Pakistan d'alors mit à exécution un plan de transfert de populations dans le territoire des Garos; des milliers de Bengalis musulmans, s'établirent alors sur leurs terres.  Ils devinrent bientôt une minorité dans leur propre patrie.

Des centaines de villages garos et khasis disparurent. Les terres qui avaient été source de subsistance pour les autochtones furent accaparées par des étrangers, poussant beaucoup des habitants originels à émigrer vers les centres urbains en quête de travail.

Le gouvernement du Bangladesh n'a pas de politique pour le développement des groupes indigènes. Ceux-ci ont souvent été victimes d'expulsion de leurs terres par des projets de développement tels que la construction de barrages, l'aménagement de parcs nationaux ou touristiques, de réserves forestières, de zones protégées, et même de bases militaires.  C'est ainsi que les aborigènes sont devenus les groupes les plus marginalisés et vulnérables du pays. Depuis les trente-cinq ans de son indépendance, le Bangladesh n'a jamais reconnu dans sa constitution l'existence de ces groupes indigènes.

L'aménagement d'un parc touristique (Eco-Park)
menace les nations des Garos et des Khasis d'expulsion de la forêt de Modhupur

Les indigènes  de la forêt de Modhupur sont maintenant en danger. Environ 25 000 Garos font face à de graves violations de droits humains: exécution, torture, oppression due à la présentation de fausses accusations, emprisonnement, viol, etc.   La politique officielle du Bangladesh  détruira totalement leur mode vie en les expulsant de leurs terres ancestrales.

Le gouvernement se propose d'établir un parc touristique dans le district de Moulvibazar qui dépouillera les aborigènes d'environ 1500 acres de leurs terres à des fins de tourisme.  On a commencé la réalisation de ce projet en juillet 2000 sans consultation ni consentement des gens qui y vivent depuis des siècles. Le gouvernement n'a jamais fait mention des villages des Garos et des Khasis dans son projet; il les traite, au contraire, comme s'ils étaient des habitants illégaux de la forêt.

Sept villages montagneux sont affectés par le projet: mille familles garos et khasis devront faire face à l'expulsion forcée de terres qui sont les leurs depuis des milliers d'années.

Les autochtones luttent depuis longtemps contre ce projet du gouvernement, mais celui-ci persévère dans sa mise à exécution.  C'est là une cause de tension continuelle pour les communautés garos et khasis.

Les peuples garos et khasis au Bangladesh sollicitent un appui international dans la lutte pour leur survivance.