Campanha de Fraternidade
Notre ministère auprès des peuples indigènes au Brésil
« Cinq cents ans de souffrance, de massacre, d'exclusion, de préjugés, d=\'exploitation, d'extermination de nos peuples et cultures, le viol de nos femmes, la dévastation de nos terres et de nos forêts qui nous ont été enlevées par les envahisseurs: nous sommes en deuil. Jusques à quand? N'avez-vous pas honte de cette mémoire qui habite nos esprits et nos coeurs? »
Je tire cette citation du texte de base de la Campanha de Fraternidade (Campagne de fraternité), parrainée chaque année par la Conférence nationale des évêques. En cette année 2002, le thème était la solidarité avec les peuples autochtones. Comme Oblats, nous avons entendu cet appel et répondu comme nous le pouvions selon les circonstances où nous nous trouvions.
Joao Altino exerce son ministère dans une paroisse du Mato Grosso. Il est alors entré en un dialogue plus étroit avec le peuple ofaie qui habite un village voisin. Des terres sur lesquelles ce peuple ont un droit constitutionnel ont été illégalement occupées. Avec des membres du Conseil missionnaire pour les peuples autochtones, Joao a aidé ces gens à devenir conscients de leurs droits et à chercher à les faire respecter dans la pratique; il continue à les assister dans leur réclamation. Ils ont droit à des octrois du gouvernement; il les tient informés à ce sujet et les aident à les obtenir. Et quand l'argent arrive, il réfléchit avec eux sur le meilleur usage qu'ils peuvent en faire. Il se rend compte que s'il ne le faisait pas, ils pourraient facilement se procurer une vieille voiture ou une vache. Il leur aide à être raisonnable dans l'usage de ces subsides; sinon, la source en deviendrait rapidement tarie. Par exemple, il leur a aidé à se procurer des ruches d'abeilles, et maintenant, ils peuvent vendre du miel!
Ici, à Goiania, nous avons la Casa do Indio (Maison de l'Indien) où les peuples indigènes peuvent séjourner en cas de maladie grave. Ils y viennent habituellement accompagnés de membres de leur famille. En 2002, au Dia do Indio (Jour de l'Indien), nous avons invité ces familles à célébrer avec nos Comunidades de Base (communautés de base). La journée fut bien réussie. Les peuples indigènes ont parlé d'eux-mêmes et, à mesure qu'ils se faisaient connaître, se révélaient aussi leurs qualités particulières et se dissipaient des préjugés stéréotypés à leur égard. Nous avons gardé contact avec eux depuis.
Cette année, pendant la Semaine sainte, nous avons reçu un appel de membres du peuple xavante présent en ville à cause de la maladie de l'un des leurs. Ils voulaient savoir s'ils pouvaient se joindre à nous pour l'Eucharistie de Pâques. Heureuse coïncidence: l'un d'eux fit la première lecture rapportant la prédication de Pierre dans la maison de Corneille. Quelques-uns d'entre eux ont décidé de demander le baptême, grâce à la prédication missionnaire des Salésiens dans le Mato Grosso. Ils nous invitent parfois à visiter leurs parents malades à l'hôpital. Récemment, un jeune Xavante venu d'un village avec son grand-père m'a demandé d'aller le voir et de prier avec lui. En m'approchant du lit, je pensais que la communication serait impossible avec ce Xavante de 102 ans. Le petit-fils lui a dit que j'étais un padre. Sa figure s'est alors illuminée. Il me tendit les bras pour m'embrasser comme le ferait un enfant de deux ans. Quelques questions théologiques s'étaient agitées dans mon esprit alors que je me rendais à l'hôpital, mais quand il m'embrassa ainsi comme un ami, je me suis rendu compte que ce geste dépassait toute discussion. Je pense pouvoir affirmer que notre présence parmi ces aborigènes est comme la réponse à une invitation plutôt que partie d'un plan préétabli. (Michael Brady, OMI - de la délégation OMI du Brésil)