L'ONU et les nations indigènes
Lancement du second programme décennal des Nations Unies (ONU) en faveur des populations indigènes.
C'est dans la grande de l'Assemblée générale des Nations Unies qu'ont débuté les activités de ce Forum 2006, y compris ce qui a trait au culturel.
Le 15 mai 2006, les Nations Unies ont lancé leur second programme décennal en faveur des populations indigènes. Le Secrétaire général, Kofi Annan, a accueilli ce lancement comme une initiative qui pourra donner la voie à de nouvelles recommandations concernant l'environnement, le développement, l'éducation, la santé et les droits de l'homme. C'est en ces termes que le Secrétaire général s'est adressé aux représentants de la planète réunis au siège des Nations Unies à New York.
« Aujourd'hui, j'appelle tous les états à travailler avec les populations indigènes pour que ce programme devienne réalité » a-t-il déclaré dans un message vidéo adressé aux participants de la 5ème session annuelle du Forum permanent des Nations Unies sur les problèmes des populations indigènes qui s'est conclue le 26 mai 2006.
« Faisons-en quelque chose de positif - un mieux - dans la vie de chaque personne de ces populations indigènes où qu'elle se trouve »
Le Secrétaire général a rappelé que les états membres des Nations Unies s'étaient engagés dans le document final du sommet mondial de 2005 à protéger et à maintenir la connaissance, les innovations et pratiques des populations indigènes. Ils y reconnaissaient le développement durable de ces populations comme crucial dans le combat contre la faim et la pauvreté. Ils s'engageaient à présenter le plus tôt possible une déclaration à adopter par les Nations Unies sur les droits des populations indigènes.
Le programme d'action de cette seconde décennie a été voulu - poursuivit Mr. Annan - pour concrétiser ces engagements en faveur de toutes les populations indigènes, des régions polaires aux sociétés d'éleveurs d'Afrique.
Selon les propos de José Antonio Ocampo, sous-secrétaire général pour les affaires économiques et sociales et coordinateur du programme de la seconde décennie : « L'adoption de cette déclaration si longuement désirée par les populations indigènes, sera l'une des priorités du Conseil pour les Droits de l'Homme tout nouvellement créé. L'histoire et la situation actuelle des populations indigènes exigent que la promotion et la protection des droits de ces peuples demeurent prioritaires au plan international. »
Mr. Ocampo encouragea les membres de la communauté internationale à adopter et mettre en œuvre les actions spécifiques programmées pour cette seconde décennie et à contribuer au fonds pour les questions indigènes.
Milialani Trask (Indigenous Caucus) demanda la redéfinition des indicateurs sociaux sur lesquels les MDGs (Millenium Developpment Goals/objectifs du développement pour le 3ème millénaire) ont été établis. Elle déclara que de tels indicateurs ne devraient pas être fixés à partir du marché et de l'analyse des liquidités, vu que le paramètre d'estimation de la pauvreté d' « 1 dollar par jour » n'était pas en mesure d'évaluer correctement la pauvreté dans les diverses communautés indigènes à travers le monde.
Selon Milialani Trask, réexaminer les MDGs exigerait de prendre au sérieux les réactions systématiques de racisme et de non-reconnaissance de leurs droits auxquelles font face les populations indigènes, ainsi que les injustices qui ont perpétué parmi eux les situations de pauvreté.
Victoria Tauli-Corpuz, présidente du Forum, a fait remarqué que la résolution par laquelle le programme d'action a été adopté, utilise le terme correct au regard des lois internationales, c'est à dire « populations indigènes » au lieu de « peuple indigène » qu'on avait essayé d'imposer. Elle rappela que la création de critères et de règles légales grâce à l'adoption d'une déclaration internationale garantirait mieux les droits et libertés fondamentales des populations indigènes. Dans les pays où ces droits sont à peine reconnus - poursuivit-elle - une telle déclaration sera d'une importante particulière.
Reprenant les principaux objectifs du second programme décennal, Mme. Tauli-Corpuz déclara : « Engageons-nous en ce lieu d'Assemblée générale des Nations Unies à atteindre ces objectifs. Ainsi reviendrons-nous ici en 2015, fiers de ce que nous aurons accompli pour en finir avec la discrimination, la marginalisation, l'oppression et l'extrême pauvreté dans laquelle vivent les populations indigènes. Ce sera la preuve que nous aurons vraiment pris au sérieux ce défi de créer un partenariat pour agir dans la dignité. » (UNPFIPII)