|
"…en tant que Congrégation, nous n'avons pas fait assez pour répondre à la terrible crise du sida, en particulier en Afrique."
|
Solidarité
Invitation à la solidarité
Lorsqu'il s'agit de lutter contre la pandémie du sida-VIH et ses retombées dévastatrices sur les plans sociaux et économique, dans des pays déjà ravagés par la pauvreté, la sous-alimentation et l'instabilité politique, notre premier versement doit être envisagé dans le contexte d'une intervention globale. Une pruderie archaïque et une perception biaisée du sida-VIH, établissant un lien immédiat avec un comportement sexuel permissif ou libertin, ont évacué cette pandémie de toute discussion publique. Les personnes infectées sont souvent dédaignées et traitées de façon marginale, et leur souffrance morale excède largement la difformité physique dont elles sont atteintes pour le reste de leurs jours. Ces préoccupations, qui s'ajoutent à plusieurs autres d'ordre social et pastoral, nous ont poussé à procéder à une seconde phase dialogique dans l'intervention contre la pandémie du sida, laquelle a déjà commencé à être assumée par nos confrères Oblats. Cette seconde phase se veut surtout pragmatique.
Le 34e Chapitre général, terminé en septembre 2004, a fait parvenir aux Oblats du monde entier une lettre qui présentait sommairement des préoccupations majeures de la Congrégation, à des fins de réflexion et d'action de la part de ses membres. Dans cette lettre, une référence spécifique à la pandémie a été formulée, affirmant que «…en tant que Congrégation, nous n'avons pas fait assez pour répondre à la terrible crise du sida, en particulier en Afrique». Cette mention est sans aucun doute un appel clair et urgent lancé à tous les Oblats afin qu'ils revoient leurs priorités missionnaires. S'il existe en ce monde des gens dont les cris sont si faibles qu'ils demandent à ce que nos voix se fassent sentir avec force, il ne peut s'agir que des victimes du sida.
On peut souligner, sans prétention, à quel point des Oblats ont osé se faire proches des personnes frappées par cette maladie impitoyable, élever la voix en leur faveur et tendre la main avec amour pour leur offrir des soins de base et du réconfort. Certains ont défendu leur cause dans des forum internationaux et exercé des pressions auprès de compagnies pharmaceutiques afin qu'elles modifient leur politique globale des prix dans la médication contre le sida-VIH et ce, dans les régions sévèrement touchées par la pandémie. Ils ont aussi fait appel à ces compagnies pour que, grâce au Fonds global des Nations Unies contre le sida, l'accès aux traitements médicaux requis soit accru, de manière à réduire le prix d'achat des médicaments dans les pays en voie de développement. Ils ont aussi établi des réseaux avec des organisations religieuses, des groupes de la société civile et des ONG, afin de convaincre les gouvernements d'augmenter leur contribution au Fonds global contre le sida.
D'autres encore ont organisé des services sociaux pour répondre aux besoins de base des victimes du sida et procéder à des recherches en médecine alternative sur des herbes indigènes qui, étant des rejetons du sida, peuvent servir d'analgésiques contre certains maux. Certains se sont engagés dans des projets de sensibilisation, par exemple en organisant annuellement la Journée mondiale du sida. D'autres ont mis l'accent sur la question des «droits» individuels en enseignant aux patients à déposer des plaintes d'invalidité afin de ne pas perdre leurs droits dans des fonds de pension et de prévoyance. La Province Centrale de l'Afrique du Sud est allée jusqu'à mettre sur pied un orphelinat pour enfants abandonnés par des victimes du sida.
Alors que des Oblats, inspirés par un esprit de foi, d'amour et de justice, ont répondu aux appels des victimes du sida, des efforts plus vigoureux et intentionnels devraient être déployés de la part d'autres Oblats - missionnaires des pauvres - pour organiser des campagnes visant à interrompre la propagation accélérée de cette maladie en Inde et en Chine, et s'engager dans une lutte incessante pour sauvegarder les droits des victimes du sida, tant du point de vue économique que social. (Par P. Oswald Firth, o.m.i. - 1er assistant général & responsable du portefeuille de la mission)
|